DEPASSER LE TABOU CREATIF

Je suis Artiste Designer et il y a un peu plus de 6 mois, j’ai traversé une sorte de crise créative. Je n’avais tout bonnement plus de jus. Capout la caboche ! Bref, j’étais dans un état assez anxieux, car imaginez-vous après avoir réalisé 11 ans d’études dans un domaine pour que votre principal outil de travail, en l’occurrence pour moi, il s’agit de ma créativité, que celle-ci foute le camp sans donner d’adresse ! C’était plutôt vachement stressant ! En plus de se sentir démunie d’un truc sympa qui animait joyeusement mes pensées et me faisait voir le monde tout beau tout le temps, j’avais vraiment du mal à aborder le sujet avec d’autres personnes de peur que « le truc » se matérialise vraiment. Finalement, mon tabou est vraiment devenu tabou et je me suis aperçue que ma réaction ne devait pas être unique puisque sur mon problème, je ne trouvais pas de réponses sur internet. J’avais beau chercher désespérément sur le sujet, assoiffée d’exemples, histoire de nourrir ma névrose encore plus, mais nada, je ne trouvais rien ! J’avais presque besoin de me rassurer en m’identifiant à d’autres créatifs en panique.

Je voulais pouvoir m’entendre dire « HEY, mais lui aussi, il en a chié et puis, finalement sa créativité est revenue ! ….

Mais voilà, c’était le néant ! Autant vous dire que je n’avais vraiment plus goût à rien ! Le matin, je devais vraiment – vraiment m’extirper du lit pour essayer de tenter de vivre une journée normale. J’étais vidée, incapable de m’orienter vers des choses qui produisent un intérêt quelconque. Toutes mes pensées étaient tournées vers mon obsession de la fatalité que je n’étais plus créative ! En gros, je me sentais carrément déprimée et je n’avais aucune idée de comment me sortir de là. J’en parle plus en détail dans Bienvenue dans ma mutation créative.

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TROUVER UNE BOUEE DE SAUVETAGE

À ce moment-là, je venais d’arriver sur Paris, sans job, sans repère, pleine d’espoirs et de rêves. Je venais de quitter un emploi dans lequel j’étais restée 2 ans à Genève et qui finalement était plutôt bien éloigné de mon domaine d’application à la base. Bref, la machine était sans doute un peu rouillée. Alors pour sortir de cet état, je me suis plongée dans un livre qui m’a disons le sans guillemet sauvé. Il s’agit de Libérez votre créativité de Jullian Cameron. Je vous avoue que je n’ai pas lu l’ouvrage jusqu’au bout parce qu’ arrivée au chapitre 5, j’ai tout bonnement eu une idée, et je me suis accrochée à elle comme s’il s’agissait d’une énorme bouée.

Le principe fondamental du livre, et qu’il vous est conseillé d’écrire tous les matins 3 pages pour déverser vos pensées, même si elles vous paraissent totalement pourries et inintéressantes. Le but n’est pas d’écrire de la poésie, mais plutôt de vomir sur le papier vos angoisses, vos raleries, votre liste de courses… BREF, D‘Écrire. Au début, va savoir pourquoi, je me mettais une pression de fou. Je voulais écrire des trucs cools, et j’étais navrée de constater que je n’avais que des plaintes à exprimer. Puis petit à petit, j’ai commencé à entrevoir la courbe d’un projet se dessinait dans mes pensées.

 

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UTILISER SON PROBLEME POUR CREER UNE SOLUTION

Ma motivation résidait dans l’idée de communiquer sur la perte de sa créativité. Si mon manque de créativité m’avait totalement minée alors que je suis d’un optimisme à toute épreuve, dans quel état pouvait-elle mettre des personnes plus fragiles qui traversaient ce gouffre d’angoisse. Je me suis sentie habitée par ce besoin d’écrire sur ce sujet et de travailler en même temps sur ma reconquête artistique. J’ai arrêté de vouloir tout intellectualiser pour amener de la créativité dans tous les domaines de ma vie. Et j’ai pris la décision de rendre publique cette sorte de performance 3.0, cette mutation créative, en créant ce blog : OAKMOON.

Lancée comme une formule 1, j’ai foncé dans ce nouveau projet avec la conscience que ce n’était peut-être pas ce qui payerait mon loyer, mais, c’est ce qui me donnerait envie de me lever le matin et c’était déjà une très grande évolution. À côté de ça, j’ai continué d’écrire méthodiquement mes pages du matin jusqu’à que finalement, j’y prenne goût et qu’au lieu d’écrire 3 pages, j’en écrive 4 puis 6 puis 10… Petit à petit, mes peurs se sont transmutaient en poèmes, en mots doux, et ça me faisait du bien d’user de mots pour câliner mes matins grincheux.

 

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ECOUTER SES ENVIES

J’écrivais tellement, que je remplissais rapidement n’importe quel carnet, si bien, que j’en achetais plus que régulièrement. Quand j’ai commencé à développer ma passion de l’écriture, et que j’ appréciais enfin de me relire, il m’était impossible de m’y retrouver parmi ces tas de carnets aux couvertures anonymes qui siégeaient un peu partout dans mon appartement. Alors un soir, j’ai choisi de « perdre définitivement du temps » pour en gagner sur mes prochaines journées, en m’impliquant intensivement dans la customisation de mes carnets. Ce qui devait être une occupation d’un soir s’est transformé en passion qui m’occupe depuis des semaines !

J’avais réalisé que bien qu’un carnet soit un objet, somme tout assez banal, il m’avait permis au fil des mois, de libérer mes maux (mots). Je pouvais enfin voir l’historique de mon changement écrit à travers les pages que j’avais griffonné et consulter les étapes de ma recherche laborieuse du lâcher prise. Cette progression vers un mieux-être me paraissait si précieuse que je souhaitais vivement transposer cet état sur la couverture en la rendant unique.

J’avais pris conscience que les mots étaient des trésors et qu’ils m’aidaient considérablement à avancer et qu’ils méritaient mieux que les carnets aux couvertures fragiles que j’utilisais jusqu’à présent. Comme je prends soin de mon corps en mangeant sainement, je voulais offrir à mes écrits, un écrin qui les protégeraient des affres du temps.

 

 

REBONDIR SUR L’IMPREVU

Après des mois de galère, ne soyez pas surpris si je vous dis que j’ai accueilli ma première confection comme si j’avais peint la Joconde. Exposé fièrement sur mon bureau, je ne me lassais pas de regarder tendrement le fruit de mon labeur. Bien qu’imparfait, je sentais le potentiel de cet essai, et pour la première fois depuis longtemps mon instinct créatif chantait « hourra hourra«  en cœur et en canon dans ma tête, ce qui m’a évidemment poussé à continuer l’aventure carnet. J’ai passé quelques nuits blanches dans l’euphorie de la production avec la passion comme vitamines pour éradiquer mes fatigues et mes doutes. Je n’avais aucunement conscience du marché de la papeterie, de la concurrence… Ce qui maintenait mon envie à flot, c’était cette soif d’alimenter en continu le flux de mes idées et de les faire naître, de leur donner corps dans un objet, un carnet.

Si symboliquement l’écriture m’avait extirpé de mon mal-être, il me paraissait logique voir impératif d’en confectionner pour ceux qui pourraient se trouver dans un état similaire. J’avais envie de les inciter à écrire pour qu’ils se reconnectent à une part d’eux même qui ne peut s’exprimer qu’avec ce moyen. Qu’ils aient conscience que leurs pensées, leurs idées sont précieuses autant qu’ils le sont !

Alors voilà, j’ai commencé à créer et offrir des carnets à tous ceux que j’aime et j’en ai fait un peu en rab 🙂 pour tous ceux que j’aime, mais que je ne connais pas ! 

 

Les carnets sont désormais en vente sur l’e-shop !

www.oakmoongalaxy.fr

 

 

 


Photos, Gifs, Stop motion, Vidéo, textes : Alicia Ribis

Musique vidéo : Neil Young

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